Comment résoudre le problème de la dette et du chômage?

TheHeartOfRevolution

Si je vous disais qu’il existe une solution pour reprendre la main sur la question du chômage et de la dette qui mine les économies européennes? Peut-être ne me croyez vous pas? Pourtant, une idée prend de l’ampleur, celle d’un revenu de base. Un peu partout, les citoyens se mobilisentpour tenter de mettre cette nouvelle façon d’organiser nos sociétés au coeur des agendas politiques européens. 

La situation en Europe n’est pas brillante et mérite qu’on s’y attarde. Mon avis n’ayant à peu près aucune influence sur le monde, vous pouvez à la fois le considérer comme absolument inutile (ce qui ne sera pas le cas des paroles d’un Obama par exemple), mais vous pourrez admettre aussi que je vais parler franchement (ce qu’Obama ne peut clairement pas se permettre). Alors, quelle est la question à laquelle il faut répondre? Je crois que celle-ci est pas mal : Comment réorganiser le système économique européen pour qu’il fonctionne?

Une fois qu’on a dit ça, c’est qu’on part du postulat que ça ne marche pas terrible. Si vous pensez que tout marche comme sur des roulettes, je ne peux rien pour vous. Allez si, je suis sympa, je vous le donne en mille. Les Etats européens sont endettés et vivent un chômage de masse depuis à peu près 40 ans, ce qui créée, disons…quelques tensions annexes. A ce stade d’ailleurs on se demande bien ce que je pourrais dire de nouveau qui n’aurait pas déjà été essayé par les 40 ans de leaders politiques qui s’y sont essayés. Je me laisse aller à ma fougue tout de même.

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Mon postulat de base c’est que le chômage c’est la rançon du succès. On a tendance à juste titre à considérer que le chômage est un problème parce qu’il a comme conséquence de mettre des citoyens hors de la capacité de trouver un revenu ce qui, dans notre société, est tout de même problématique je le reconnais. Par contre, d’un point de vue économique, ce chômage de masse n’est pas une erreur, c’est quelque chose que nous avons voulu. Dès 1995, Jeremy Rifkin l’a bien décrit dans un de ses livres La fin du travail : par l’action combinée de l’optimisation des processus, de la robotisation et de l’ordinateur nous avons rendu obsolète de très nombreux emplois et ceci pour le mieux de tous ceux qui devaient supporter auparavant du travail monotone, pénible et parfois mortel. Plus récemment, l’économiste Paul Jorion le rappelait assez justement à la tivi :

Quoi qu’il en soit le problème est déjà plus clair. Le monde économique est suffisamment efficace pour se passer d’une part importante du travail humain dont il avait besoin précédemment pour fonctionner. Si on accepte cette idée de base, il conviendra dans notre solution finale de trouver un moyen de fournir des revenus à des gens qui n’ont plus d’emploi.

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Abordons maintenant le problème de la dette. D’où vient-elle? Des marchés financiers, là où se financent les Etats européens. Ces dettes sont problématiques car elles ont tendance ces derniers temps à s’accumuler années après années. Pourquoi s’accumulent-elles ? Parce que année après année les Etats ne sont pas à l’équilibre budgétaire, ils font très souvent plus de dépenses que de recettes. Pourquoi font-ils plus de dépenses que de recettes? Ils le font pour plusieurs raisons. La première est qu’ils ont tendance généralement à surévaluer la croissance économique et donc à imaginer qu’ils vont obtenir plus de recettes qu’ils n’en obtiennent au final. Deuxièmement, les dépenses de fonctionnement de la France augmentent notamment par l’accroissement des prestation sociales. De 2000 à 2011 elles ont augmenté de 62%. Logique puisque il y a notamment de moins en moins de travail et qu’ils faut donc payer de plus en plus de prestations. Résultat, il faut de plus en plus s’endetter pour compenser ces non recettes et ces dépenses en augmentation. On comprend alors aisément l’impasse des gouvernements puisqu’il ne disposent d’après eux que de deux leviers : réduire les dépenses en limitant les prestations sociales (c’est la rigueur) ou tenter de relancer l’économie (on va chercher la croissance avec les dents).

Dans une économie dont l’efficacité fait disparaitre du travail humain ces deux voies sont vouées à l’échec. En effet, soit on fait la rigueur et on tappe sur les prestations des exclus du monde du travail, générant une forte insécurité sociale, ou alors on essaye de booster l’économie pour avoir des recettes (une meilleure croissance) mais même si on y arrive (j’ai bien dis « si ») ça se fera au prix de moins de travail humain. Quoi qu’il en soit, et quel que soit la méthode observée, structurellement on ne récupère pas assez d’emplois, et c’est exactement ce qu’on observe gouvernement après gouvernement, de droite ou de gauche depuis 40 ans.

Mais alors pourquoi font-ils ça me demanderez vous? Ils ne peuvent pas être aussi stupides? Vous avez raison, ce n’est pas par bêtise qu’il en ait ainsi (enfin j’espère). En fait tout cela tient à deux concepts majeurs : la croissance et l’emploi. Ces deux termes sont au coeur du Keynesianisme, une doctrine économique à laquelle on attribut souvent la prospérité des 30 glorieuses… forcément ça donne envie de suivre l’exemple. Mais que disait ce good old chap de John Meynard Keynes? En gros, il a théorise le système économique en mettant au coeur du système le plein emploi et la croissance économique (toute référence avec des lubies politico-médiatique n’est complètement pas un hasard). Pour résumer, ça veut dire que si jamais l’économie d’un pays devait ralentir (chômage, moins de croissance, où les deux), il fallait que l’Etat investisse dans l’économie pour relancer la machine. Ce truc s’appelle le levier Keynesien. En gros, ça veut dire faire du déficit publique pour relancer la machine. Cette approche macroéconomique (à mes souhaits) est l’alpha et l’omega, le génome fondamental de la gestion des affaires publiques actuelle. Tout apprenti président se doit d’apprendre cela (sauf Sarkozy mais c’est parce que c’était un cancre).

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On comprend alors sans trop de difficulté qu’un monde qui vise en permanence le plein emploi et la croissance comme critère de réussite de l’économie alors que dans le même temps la réussite économique réelle fait disparaitre de l’emploi et, qu’en plus, les forces publiques cherchent à stimuler cette économie de disparition de l’emploi en favorisant les déficits ne peut qu’aboutir à …. notre monde actuel.

Si vous en êtes arrivé là, vous vous dites. Bon, admettons, mais comment on fait pour s’en sortir de ce bordel?

Alors la solution c’est la déconnection du revenu du travail. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire? On a vu plus haut qu’il était impossible de donner un travail à tout le monde puisque notre économie fait disparaitre le travail. Il faut alors que tout le monde puisse toucher un revenu quelque soit sa situation salariale. Ca tombe bien, ça existe et ça s’appelle le revenu de base (si vous ne connaissez pas ce concept, je vous conseille de cliquer sur ce lien). Les conséquences directes sont :

  1. Eradication du chômage et de tout le système de prestations sociales tournant autour du travail au bénéfice de ce seul revenu. Limitation de l’insécurité sociale.
  2. Possibilité de pouvoir licencier quand on veut car tout le monde bénéficie d’un filet de sécurité minimal. Possibilité de dégraisser le mammouth de l’Etat.
  3. Libération d’une incroyable quantité de forces vives par tout ceux qui échappent du statut d’exclu du monde du travail d’un coup d’un seul. Limitation des délinquances et autres détresses sociales associées à l’exclusion. Liberté d’entreprendre et de création accrue.

On voit tout de suite apparaitre quelque chose ici. La limitation des dépenses de l’Etat par la simplification de celui-ci et par la réduction de l’Etat-providence au bénéfice d’un droit fondamental à un revenu de base. Le deuxième élément qui apparait également c’est la relance de l’économie par la mobilisation de nouvelles forces économiques auparavant exclues et par la stimulation de l’esprit d’entreprendre et de création. Moins de dépenses de l’Etat, plus de richesses… N’est-ce pas exactement ce qu’on essayait de résoudre au début?

Utopia

Cela peut paraitre simpliste, voir utopiste. C’était peut-être le cas quand j’ai commencé à m’y intéresser il y a de cela presque dix ans maintenant. Aujourd’hui, c’est un mouvement qui prend de l’ampleur. Tout récemment, les Suisses ont réunis suffisamment de signatures pour que soit réalisé un référendum sur la mise en place d’un revenu de base. Dans le même temps, en ce moment même, des signatures sont regroupées dans toute l’Europe pour mettre le revenu de base dans l’agenda de l’Union européenne. Je vous invite à signer cet appel si l’idée vous a convaincu (pétition on ne peut plus sérieuse, vous aurez besoin de votre carte d’identité). Presque 150 000 personnes ont déjà signé. Objectif : Un million de signature en janvier 2014. Ca se tente non?

Illustrations – Hundertwasser/The heart of revolution – Le tampographe Sardon – Thomas More/Utopia

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