Macron ou comment le vide peut envahir l’espace politique

Macron ou comment le vide peut envahir l’espace politique

Macron ou le néant

J

J’ai toujours soutenu que la constitution de la Ve République était un désastre.
J’ai souvent dit et écrit que chacun des présidents de la Ve était pire que le précédent
et que cela se terminerait avec un clown à la présidence. Monsieur Hollande ayant rempli
ce rôle à la satisfaction générale, j’espérais naïvement que nous avions touché
le fond et que chacun des futurs présidents allait être meilleur que le précédent à
partir de mai 2017.Je n’avais cependant pas envisagé qu’après le clown, nous allions
avoir un président qui ne représenterait… rien.

Et pourtant nous y sommes.

Le candidat que les hommes de Davos nous préparent depuis des années est en effet
un mélange étonnant de vide et de néant, mâtiné d’une grande suffisance et libre de
toute connaissance superflue sur ce qu’est vraiment son pays.

Sur ce personnage qui semble être un golem sorti tout prêt à l’emploi des cervelles
d’hommes d’affaires apatrides qui haïssent leur pays en général et la France en
particulier, je me permets quelques remarques tirées de mon expérience personnelle
de Français, né à l’étranger et ayant passé presque toute sa vie en dehors de France.

Je me souviens de mes 18 ans en Algérie où mon père était officier et où j’étais élève
au Lycée René Basset à Mostaganem. Chaque année, le 11 novembre, des volontaires
musulmans, tous anciens combattants, se présentaient aux autorités
militaires pour porter le drapeau français lors des cérémonies de commémoration de
l’armistice de 1918. Chaque année, le porteur était assassiné dans les jours qui suivaient.
Et l’année suivante, de nouveaux volontaires se présentaient. Quel vide
intellectuel faut-il avoir dans la tête pour penser que ces hommes n’étaient pas Français ?
Et fiers de l’être ! Monsieur Macron serait-il prêt à porter le drapeau de
notre pays si cela impliquait qu’il serait tué tout de suite après ? Je ne sais pas pourquoi, mais j’en doute.

J’imagine avec horreur une voiture, vide bien sûr puisque cet homme ne représente rien et n’est rien,
remontant les Champs-Élysées le jour du défilé militaire du 14 juillet un peu avant ou un peu après
que la Légion ait descendu de son pas lent la « plus belle avenue du monde » et je songe au désespoir
sous les képis blancs à l’idée d’être commandés par quelqu’un qui les a comparés aux SS hitlériens
en osant dire que la colonisation était un crime contre l’humanité. Ce n’est pas ce que pensait
le roi du Maroc qui ne savait comment remercier la France et Lyautey pour le travail qu’ils avaient
fait là-bas ou ce que disait Ferhat Abbas : « La France n’a pas colonisé l’Algérie. Elle l’a créée. »

J’imagine le siège vide bien sûr même s’il était assis dessus du protecteur de l’Académie Française,
le Président de la République, expliquant à qui veut l’entendre dans son discours solennel
que la culture française, cela n’existe pas. Et je pense au désespoir de tous les hommes éminents
dans la salle qui ont consacré leur vie à entretenir la flamme toujours vacillante de cette même culture.
Je songe à Senghor, je songe à Romain Gary, à Kessel et à bien d’autres, tous nés en dehors de la France
et devenus plus français que quiconque grâce à l’amour qu’ils portaient à cette culture qui,
pour l’hologramme Macron, n’existe pas.

J’imagine le dégoût avec lequel le professeur de français dans un lycée de banlieue doit se rendre à son travail
ce lundi matin en ayant appris que dans le fond, tout ce qu’il enseigne et auquel il a toujours cru n’existe pas
et n’a jamais existé et que tout cela a été remplacé par un vide sidérant.

J’imagine le plaisir que doivent éprouver ceux dans les pays étrangers qui vont devoir négocier
avec la France dans les cinq ans difficiles auxquels notre pays va devoir faire face à l‘idée que le siège français
soit rempli d’un vide vaniteux et content de lui. Mais ce vide sera habillé par des costumes de soie.
Et ils seront d’autant plus satisfaits que tous les abandons de souveraineté qui continueront à transformer
la France en un « Land » allemand seront quasiment obtenus d’office.

Et je ne peux m’empêcher de penser que dans l’histoire de notre pays, nous avons pu être gouvernés
par des incompétents, voire des traîtres ou des corrompus, mais que jamais nous n’avons été gouvernés par …
rien, par un ectoplasme dont le sang ne doit pas être bien rouge mais gentiment rose.

Et je me redis cette phrase de l‘évangile « Que votre oui soit un oui que votre non soit un non.
Tout le reste vient du Malin ».

Il serait temps, à mon avis, que le Malin foute un peu la paix à la France.

Ça fait trop longtemps qu’il s’en occupe.

Il doit y avoir du boulot pour lui ailleurs.

Charles Gave

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3 réponses à Macron ou comment le vide peut envahir l’espace politique

  1. Mr-Veille dit :

    Et oui le vide…

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